11 janvier 2024
Actualité
- Parkinson
Une équipe franco-Suisse dirigée par les Pr Courtine, Bezard et Bloch a récemment publié un article dans Nature medicine (doi.org/10.1038/s41591-023-02584-1) démontrant l’efficacité d’une stimulation médullaire complexe sur le Freezing et les chutes dopa resistants dans la maladie de Parkinsons avancée.
Une première étude a été menée chez des macaques MPTP souffrant de freezing et d’hypokinesie de la marche : une neuroprothèse épidurale (EES) a été créée pour reconnaitre et recréer l’activation des différentes racines lors de la marche. Elle fonctionne en boucle fermée avec l’activité du cortex moteur décodé chez le singe.
L’étape suivante a consisté en l’implantation de 2 patients parkinsoniens évolués présentant un freezing dopa résistant après traitement de seconde ligne : le premier porteur d’une DBS NST et le second d’une duodopa. Dans le cas des patients, la neuroprothese epiduralel fonctionne en boucle fermée avec des capteurs de mouvements (centrales inertielles IMU). Chez ses patients après implantation, il a été observé une amélioration des paramètres spatio-temporels de la marche (hypokinésie et asymétrie ainsi qu’une diminution significative des freezing et des chutes. La rééducation sur quelques semaines ajoute au bénéfice.
Une équipe canadienne (Pr M Jog) 1 a également présenté en 2018 des travaux concernant une stimulation médullaire simple dans les freezing de la marche (suite aux travaux de Nicolelis etal., 2008), une meta-analyse de 13 études 2 concluait cependant que si un bénéfice existe de ce type de de stimulation sur la QoL des patients, son efficacité sur les troubles de la marche et des chutes restait a démontrer.
La différence fondamentale dans les approches est que les canadiens cherchent à stimuler « en bloc » les fibres montantes espérant moduler l’activité des ganglions de la base et le cortex, tandis que les franco-suisses stimulent les motoneurones de chaque muscle impliqué dans la marche, reproduisant celle-ci. Dans les 2 cas il s’agit de stimulations spinales (même localisation) mais les concepts sont très différents, l’article franco-suisse « recréant » un pattern de marche (35 patients modulo-lésés + 2 parkinsoniens à ce jour).
Une étude sur 6 patients va prochainement débuter afin de préciser le bénéfice de ce traitement. En effet, la question de l’efficacité à long terme et sur les différents types de freezing, dont la physiopathologie est différente, mérite d’être étudiée.
1.Samotus O, Parrent A, Jog M. Spinal Cord Stimulation Therapy for Gait Dysfunction in Advanced Parkinson's Disease Patients. Mov Disord. 2018 May;33(5):783-792. doi: 10.1002/mds.27299. Epub 2018 Feb 14. PMID: 29442369.
2. Opova K, Limousin P, Akram H. Spinal Cord Stimulation for Gait Disorders in Parkinson's Disease. J Parkinsons Dis. 2023;13(1):57-70. doi: 10.3233/JPD-223284. PMID: 36683516; PMCID: PMC9912734.