LIXIPARK, un projet multipartenarial et collaboratif

Les traitements actuels de la maladie de Parkinson permettent une amélioration significative des symptômes moteurs et, dans une moindre mesure, une amélioration des symptômes non moteurs des patients parkinsoniens. Cependant, aucun d’entre eux ne permet de ralentir le processus neurodégénératif de la maladie et sa progression qui conduit inévitablement à un important handicap moteur et non moteur. L’un de nos défis majeurs est donc le développement ou l’identification de traitements neuroprotecteurs. C’est ce constat qui a motivé le projet LIXIPARK.

 

Ce projet multicentrique et multi-partenarial a été conçu grâce à la collaboration de trois composantes de l’infrastructure F-CRIN (NS-PARK, F-CRIN coordination et EUCLID), de la fondation anglaise Cure Parkinson’s Trust et du laboratoire Sanofi. LIXIPARK est porté par le Pr Olivier Rascol à Toulouse et le Pr Wassilios Meissner à Bordeaux. Sa promotion est assurée par le CHU de Toulouse et sa coordination par le Centre d’Investigation Clinique de Toulouse (CIC 1436). Plusieurs sources de financement ont permis de mettre en place un projet ambitieux qui implique 20 centres du réseau NS-PARK : la Cure Parkinson’s Trust et le PHRC National 2016 apportent deux importants co-financements, le laboratoire Sanofi quant à lui fournit l’ensemble des traitements de l’étude et prend en charge leur circuit de distribution.

 

Le projet a pour objectif l’évaluation du potentiel effet « disease-modifying » d’un traitement habituellement indiqué dans le traitement du diabète de type 2, le lixisénatide. Son rationnel scientifique s’appuie en effet sur des preuves récentes suggérant l’implication d’une insulino-résistance cérébrale dans le processus neurodégénératif, en plus d’autres mécanismes tels que l’agrégation de la protéine alpha-synucléine, un dysfonctionnement mitochondrial, le stress oxydant ou la neuro-inflammation. Le lixisénatide fait partie de la classe des agonistes du récepteur du glucagon-like peptide-1 (GLP-1R) qui ont montré des propriétés neuroprotectrices dans des modèles animaux de maladie de Parkinson. De plus, les résultats d’un récent essai clinique pilote suggèrent que le traitement par un agoniste GLP-1R (exénatide) pendant 1 an améliore les symptômes moteurs de patients parkinsoniens.

 

Dans le cadre de l’essai clinique randomisé, en double aveugle, l’efficacité du lixisénatide sera évaluée, versus placebo, sur les symptômes moteurs et non moteurs de patients parkinsoniens en début de maladie de Parkinson. L’objectif sera d’inclure 158 patients parkinsoniens qui seront randomisés dans l’un des deux bras (lixisénatide ou placebo) et recevront le traitement de l’étude pendant 12 mois. Les patients seront évalués à l’aide de différentes échelles spécifiques de la maladie de Parkinson lors de visites régulières pendant la période de traitement ainsi que 2 mois après l’arrêt du traitement de l’étude (« wash-out »).

 

Ce projet a démarré au 2ème trimestre 2018, avec déjà plusieurs centres ouverts et les premiers patients inclus !

 

LIXIPARK est un bel exemple de projet collaboratif, d’une part, entre différentes entités de l’infrastructure F-CRIN (NS-PARK pour la conception et la conduite de l’essai, F-CRIN coordination pour le support au montage et aux échanges entre les partenaires, EUCLID pour la méthodologie, le data-management et les statistiques), le CHU de Toulouse (pour le suivi réglementaire et juridique) et le CIC (pour la coordination). D’autre part, ce projet implique une collaboration internationale avec la Cure Parkinson’s Trust et industrielle, avec Sanofi qui fournit les traitements.